Arrivée devant l’océan atlantique au Cap Finisterre

Cet été, je suis parti marcher sur le chemin de Compostelle. Le Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Puis jusqu’à l’océan, le cap Finisterre, Muxia et retour à Santiago à pied. Au total presque 1800 km en une cinquantaine de jours, sans arrêt. Je suis parti seul, à mes 23 ans, le 29 juin 2016.

J’ai vécu énormément de rencontres, traversé des centaines de villages. Des dîners, des expériences, des histoires fabuleuses. Difficile pour moi d’en prendre un bout à raconter, extirper quelques souvenirs, faire des choix sur tout ce chemin parcouru. C’est pourquoi j’ai décidé de me limiter ici au récit de mon équipement, les raisons qui m’ont amené à prendre tel ou tel objet et l’expérience que j’en ai tirée sur le chemin.

La Castille avant Burgos en Espagne sur le Camino Francés
Les plaines de Castille en Espagne avant d’arriver à Burgos, Camino Francés | Août 2016

J’ai marché pendant les mois de juillet et d’août, en plein été, dans la moitié sud de la France et en Espagne. Il faisait dans l’ensemble chaud, voire très chaud, beau et je n’ai eu que quelques heures de pluie au total. L’engagement sur le chemin de Compostelle est faible, on trouve des villages tous les cinq à dix kilomètres avec généralement un point d’eau potable, des habitants accueillants, une auberge, un restaurant ou une épicerie. Les locaux sont habitués au flux de marcheurs. Il est bien sûr possible de cheminer seul, cependant, en s’arrêtant la journée, on croise rapidement d’autres pèlerins. La voie du Puy et le Camino Frances sont très bien balisés, GR65, flèches jaunes, coquilles Saint-Jacques, croix, tas de pierres, traces de pieds, etc. Difficile de se perdre. Les conditions météo, la nourriture et l’eau facilement accessible, des auberges partout, la fréquentation et le balisage font qu’il n’y a pas besoin de se poser beaucoup de questions, de réserver à l’avance ou d’apporter un gros chargement avec soi.

J’ai dormi en France à moitié dehors et à moitié dans des accueils chrétiens. Sans planifier quoi que soit, en me laissant aller, en m’arrêtant là où j’avais envie, sans m’imposer de kilométrage ou d’étape prédéfinie. Je n’ai jamais calculé combien d’heures j’avais marché dans une journée. Je me levais aux environs de sept à huit heures. Avec le soleil je reprenais ma route, en faisant de longues haltes pour déjeuner et m’assoupir, au bord d’un ruisseau ou tout en haut d’une colline. Ce qui me faisait marcher en moyenne une trentaine de kilomètres par jour en France et une quarantaine en Espagne. Après la frontière, j’ai beaucoup dormi dans des auberges tenues par des hospitaliers (des bénévoles venus donner de leur temps sur le chemin), souvent en libre participation, avec le dîner partagé entre les pèlerins et les accueillants, l’ambiance y est extrêmement chaleureuse. C’est l’une des grandes joies du chemin.

Ma liste en partant

Mon sac pesait en partant 2,6 kg sans eau ni nourriture. En calculant sur moi short, t-shirt et sandales. Il pesait 2,8 kg en rentrant.
Télécharger la liste au format (PDF).

Liste de mon matériel porté dans mon sac à dos et sur moi, en gramme et kilo, pour Saint Jacques de Compostelle
Liste du matériel emporté dans mon sac à dos et sur moi.

Portage — Bivouac

Mon sac est un Exped — Cloudburst 25 (20 litres) acheté à l’époque sur Arklight Design (il n’est plus vendu sur leur site). J’ai coupé les sangles à ma taille. Confortable jusqu’à 4/5 kilos. Sac sans armature, idéal lorsqu’on a un petit chargement. Tout au fond, il fait la circonférence idéale pour caler mon sac de couchage. Tissu imperméable, quelques trous d’usure ici où là. À refaire, je prendrais le même litrage, ce qui me permet un peu de marge en cas d’achat de nourriture. J’ai apprécié (comme on peut le voir sur la première photo), ne rien avoir qui dépasse en dehors du sac. Pas de matelas de sol ou de nourriture pendouillant, de doudoune saucissonnée… Je préfère dans la répartition des charges, un chargement symétrique, qui passe partout, sans objet qui dépasse/tangue/bouge.

Pour dormir à l’extérieur je n’ai pas pris de tente, seulement un sac de couchage et un matelas de sol. Ce choix m’a rendu très flexible, entre l’hospitalité qu’on peut recevoir et la tranquillité d’esprit de se poser le soir sans trop réfléchir dans une grange, une maison abandonnée ou sous le porche d’une église. Je pense que c’est un bon compromis sur le chemin de Compostelle.

Nuit dans une maison abandonnée sur la voie du Puy-en-Velay.
Nuit dans une maison abandonnée (hantée) sur la voie du Puy-en-Velay | Juillet 2016

Mon sac de couchage est un Triple Zéro Ansabere acheté il y a trois ans, garni de 400 grammes de duvet d’oie 800 CUIN. Bon matériel pas adapté pour la saison, trop chaud, je n’avais pas d’autre solution. J’ai protégé le sac des salissures avec un drap de soie Décathlon premier prix, bon boulot. Très souvent en Espagne j’ai dormi uniquement avec ce drap de soie. L’absence de sursac ne m’a pas gêné vu que je m’abritais des éléments.

Mon matelas de sol Therm a rest Neo Air taille Regular, est compact, isolant, un peu « trop confortable » à mon goût, lourd, pénible à gonfler et surtout trop bruyant ! J’ai plusieurs voisins de nuit qui ont été gênés par ce désagréable bruit de plastique lorsque je bougeais. Je n’ai pas aimé devoir le gonfler et le dégonfler à chaque utilisation. En dormant dans des endroits où l’on risque d’être délogé. Je préférerais la flexibilité d’un matelas en mousse, beaucoup moins lourd, plus polyvalent, en deux secondes installé et rangé, moins voyant que la couleur jaune. Mes prochaines marches estivales (trois saisons ?) se feront avec un matelas en mousse Plastazote ou Evazote, roulé la journée à l’intérieur de mon sac à dos, plus léger, sans bruit, moins sensible aux échardes, épines…

Le tapis de sol est un film de survitrage acheté chez Leroy Merlin, j’ai trouvé l’astuce sur le forum Randonner léger. Pour ceux qui veulent la référence exacte : Film survitrage porte et fenêtre universel ELLEN de 1 à 4 mm x 1,5 m transparent. Disponible sur le site de Leroy Merlin. Je ne connais pas le Polycryo, mais apparemment c’est la même chose. J’ai découpé un rectangle, il ne s’est jamais déchiré/percé. Il faut être attentif en le repliant à ne pas emprisonner des bulles d’air à l’intérieur, pour le compacter au maximum sans que ça éclate !

Vêtements

Mes sandales et mon bronzage! J’ai adoré ces sandales, Keen Daytona, acheté une semaine avant au Vieux Campeur. Elles n’étaient pas faites à mes pieds et j’ai eu trois ampoules au début (après, plus rien). Marcher en sandales l’été c’est le pied ! Tous les marcheurs que j’ai vus emportent le soir avec eux des sandales pour ne plus souffrir des grosses godasses de la journée. Pourquoi ne pas se simplifier la vie ? Pas de chaussette = pas de lessive (et un bronzage qui fait sensation). Des sandales = je peux sauter dans les flaques, traverser les rivières, me baigner avec, entrer dans les auberges là où il faut normalement poser ses chaussures. Elles se mettent en deux secondes avec le système de serrage très efficace. Il faut les acheter à la bonne taille en laissant bien de l’espace à l’avant pour éviter d’abîmer ses orteils en tapant sur des cailloux. On m’a posé la question :

« Le sable, les petites herbes qui se glissent entre tes orteils, ça ne te dérange pas ? »

En fait, je n’en ai pas eu tant que ça, elles ressortent facilement et je trouve ça charmant de retrouver le contact avec le sol, l’herbe fraîche, la poussière de la route, on prend la couleur locale. Les pieds respirent. Après deux semaines de marche, les sandales sentaient encore l’odeur du neuf.

Les points négatifs? Il faut faire très attention à bien hydrater le pied, surtout sans chaussette, le talon se dessèche plus vite, la corne s’accumule. La Vaseline me semble bien pour assouplir la peau, je l’ai essayée en rentrant. En cours de route, j’ai acheté de la crème Nok que j’appliquais le matin et dans la journée lorsque la languette arrière frottait un peu trop sur mon tendon d’Achille. Ce qu’on gagne en poids de chaussette on le perd avec les crèmes. De plus, je pense que les sandales conviennent seulement lorsqu’on a un sac léger et qu’on n’a pas de « problème d’équilibre/aux jambes… », car la cheville n’est pas maintenue.

Mes sandales Keen Daytona mon fait un gros coup de soleil aux pieds
Bronzage panthère avec mes sandales Keen Daytona.

Une doudoune Uniqlo (marque japonaise) manches longues sans capuche en plume (pas de quantité indiquée) parfaite pour la fraîcheur du matin et du soir. Peut servir de coupe-vent. J’aime dans l’idée d’un pèlerinage ou d’une randonnée légère, de prendre des objets qu’on continue à utiliser chez soi ; et qu’on ne range pas dans un placard comme mort en attendant la prochaine sortie ! En rentrant de Compostelle, je porte toujours mes sandales, mon chapeau, mes t-shirts et cette doudoune Uniqlo, que j’ai utilisée tout l’hiver à Paris avec des chaussures en cuir, très chic. Accessoirement, elle m’a beaucoup servi comme oreiller (rangée compressée dans son sac).

Mon short de bain est un vieux baroudeur qui me suit depuis plusieurs années. Alors, oui mesdames et messieurs quitte à choquer je n’avais pas de caleçon (désolé DIM). Outre le gain de poids, je trouve que c’est un vrai gain d’hygiène et de confort ! Dans l’effort de la marche, les parties intimes sont plus aérées, ça respire, donc moins de transpiration, moins d’odeur, moins de frottement. Tous les shorts de bain ont un filet intérieur (slip intégré) qui permet d’éviter un contact désagréable. Aucun problème pour rester en short l’été, jamais eu froid aux jambes. Le short de bain sèche rapidement au contact de la peau (mais lentement sur un fil à linge) et surtout, on peut sauter dans une rivière sans réfléchir, se mouiller, plonger dans l’océan. Le short + les sandales, il suffit d’enlever le maillot (et le sac !) et on est dans l’eau ! Le point « négatif », c’est qu’il faut laver beaucoup plus souvent le short. Le soir à l’auberge avec du monde, lorsque je lavais mon short, soit je le remettais directement sur moi si le soleil chauffait toujours, soit j’utilisais mon drap de soie enroulé autour de ma taille en attendant qu’il sèche la nuit.

De mes deux t-shirts achetés neufs pour mon départ, j’ai préféré le Smartwool, car c’est un 100 % laine de mérinos. Je trouve qu’au bout de quelques jours il sent moins que le Icebreaker Cool-Lite, plus cher, qui combine 65 % de laine mérinos, 20 % de lyocell et 15 % de nylon. Je les ai lavés uniquement à la main à l’eau froide, donc je n’ai pas d’avis sur leur durabilité. Une éternelle question me trottait dans la tête : Est-ce qu’un seul t-shirt ne serait pas suffisant ? Oui et non, un seul sans hésitation sur quelques jours. Après psychologiquement, ça fait du bien de pouvoir changer de tenue sur une aussi longue période. Par ailleurs, sur un chemin de pèlerinage où l’on rencontre beaucoup de monde. Le soir attabler tous ensemble, c’est appréciable d’avoir un t-shirt propre qui ne sente pas le vautour.

Concernant mon chapeau, c’est un chapeau basique, pas cher d’une marque inconnue. Indispensable l’été. J’ai décousu la cordelette qui enrobait ma tête comme une chaussette, le chapeau tient toujours très bien, quelques grammes de moins !

Matériel divers

Un parapluie Euroschirm Dainty (vendu 147gr, pesé 172gr). J’ai beaucoup utilisé mon parapluie contre le soleil, en ombrelle. Il faut accepter de se faire klaxonner au bord de la route en plein cagnard, car ça fait rigoler les automobilistes dans leurs tas de ferraille climatisés ! La structure du Euroschirm Dainty est parfaite, il s’est rarement retourné au vent, il est très compact, se déplie et se replie facilement. Point négatif la toile est assez fragile, j’ai commis l’erreur de laisser sa sacoche à la maison, trois petits trous sont venus se loger dans le tissu. J’ai préféré l’été en plaine le parapluie à l’option poncho (bien moins respirante, flexible et rapide à mettre en place), ou à la veste imper respirante (plus cher, impossible à utiliser comme ombrelle). Mon parapluie continue à me servir de retour chez moi.

Le smartphone (ici un iPhone 4s) est le couteau suisse des temps modernes. Pour donner des nouvelles à ses proches, commander un billet de train, consulter son compte en banque, faire des photos, se localiser grâce au GPS, se regarder en miroir, avoir l’heure lorsque le soleil n’est pas visible, etc. La plupart du temps il restait au fond de mon sac ! Le point négatif est qu’il se décharge rapidement, même sans l’utiliser. Je le mettais toujours en mode avion, avec une luminosité basse et en ayant pris soin de désactiver « l’actualisation en arrière-plan » tout ce qui pompe insidieusement et sans rien dire de la batterie. J’ai perdu le chargeur secteur (26gr) au début du chemin. Je me suis contenté par la suite du câble USB pour le recharger, lorsque je dormais en dur ou en mangeant dans un café, un restaurant. Il suffit d’emprunter un chargeur secteur USB (c’est devenu très courant) ou de le brancher à un ordinateur.

Avant de partir j’avais acheté le MiamMiam Dodo, un des guides de référence. Pour éviter de le porter, j’ai simplement pris en photo chacune des pages (ça prend un quart d’heure avec un bon doigté). Le résultat pour se donner une idée (voir la photo ci-dessous), très agréable à consulter sur mobile. Regarder des photos n’est pas une tâche très énergivore (pas besoin de réseau, de GPS, de luminosité importante). L’air de rien, ça a son importance.

Itinéraire sur mon smartphone du chemin, avec pour chaque photo un bout du parcoure
Sur mon Smartphone. Une photo, un tronçon du chemin.

Ma lampe frontale est une Fenix HL05, je l’adore littéralement ! Le design est très bien pensé, un seul gros bouton intégré sur la face avant, qu’il suffit d’appuyer pour allumer, éteindre et changer de mode. Deux piles plates à l’arrière, étanches, un cordon bien conçu. Elle offre peu de lumens et l’éclairage en mode normal permet difficilement de marcher la nuit. Mais à l’inverse, j’aime avoir une lampe qui éclaire avec douceur, sans violence, exactement ce qu’il faut pour bivouaquer sans se faire remarquer. Je pense au livre « l’Éloge de l’ombre » de Tanizaki, cette lampe laisse l’obscurité à sa juste place. Elle n’en fait pas trop et ça me plaît. L’autonomie est bonne, pas eu besoin en 50 jours de changer les piles, la puissance max est indiquée pour tenir 50 heures. Le mode lumière rouge est très pratique pour éviter de déranger ses voisins de nuit.

Lampe frontale Fenix HL05 LED
La fameuse lampe frontale Fenix HL05

Ma bouteille d’eau, au départ j’étais parti avec l’idée de prendre une bouteille d’eau minérale toute simple qu’on trouve partout. Mais finalement, j’ai acheté une bouteille souple (Platypus Soft Bottle 1 litre) et je ne regrette pas. À moitié remplie elle prend moitié moins de place. Lorsqu’on met de l’eau dedans, il suffit de vider l’air en trop pour éviter que ça fasse « plouf plouf » pendant la marche. Avec des robinets très étroits (ces trucs barbares inventés pour les lilliputiens), il reste possible de récupérer un peu d’eau. C’est plus léger, solide et durable qu’une bouteille d’eau minérale et ça sert aussi d’oreiller. Prendre une gourde en métal ne m’est jamais venu à l’idée, car ça combine les défauts d’une bouteille d’eau minérale plus le poids excessif. Même en pleine chaleur, l’eau de ma bouteille souple à l’intérieur de mon sac restait à bonne température. Pour moi, une bouteille d’un litre est amplement suffisante sur Compostelle. Ma Platypus Soft Bottle a un bouchon « Push-Pull Cap » qui ne m’a jamais servi, je recommande le modèle le plus simple, bouchon basique, moins haut.

Platypus Soft Bottle - 1 Litre (8/10€ au Vieux Campeur ou sur Internet).
Platypus Soft Bottle – 1 Litre (8/10€ au Vieux Campeur ou sur Internet).

Mon couteau est un Opinel N° 6 pesé 26 grammes. C’est mon petit côté français qui s’exprime, j’aime le manche en bois, ça fait du bien d’avoir un bel objet pour couper son pain et tartiner son fromage de chèvre. Je ne pense pas le changer, même si un Deejo Naked 15 grammes me fait de l’œil pour ce genre de condition, il serait plus facile à nettoyer entièrement. Mon couteau m’a accessoirement servi pour percer mes ampoules…

Opinel Numero 6 lame Inox France
Opinel n°6 lame Inox (l’un des plus léger de la gamme).

Carte d’identité, carte bancaire, carte vitale. Est-ce vital de prendre sa carte vitale ? Pas sûr. Tous mes papiers/attestations sont stockés sur le cloud et accessible via mon smartphone, possibilité de les transférer par mail… Peut-être est-ce suffisant. Quoi qu’il en soit, en Espagne, je n’avais pas de Carte européenne d’Assurance Maladie. Est-ce utile ? Il est possible de la faire faire pour voyager en Europe. Si vous êtes au régime général (CPAM), c’est très simple en ligne sur le compte Ameli, envoi gratuit en dix jours.

Lunette de Soleil Orao (et non Oreo) Loreto bleu catégorie 3 qu’on trouve chez Décathlon, pesées 15 grammes. Très souples, design moderne, aucun problème pour les faire tomber ou au fond du sac sans protection, assez génial. Il s’agit du modèle à 24,99 € (ça change des lunettes de créateur parisien à 400 euros !). Attention toutefois, il y a deux couleurs pour le même modèle, mais le verre utilisé est différent, la version « bleue » restitue mieux la couleur naturelle. Point négatif : elles tiennent correctement sur une tête droite, mais lorsqu’on se baisse à 90 °, elles peuvent tomber. Ce problème disparaît avec un chapeau, car le tissu bloque les broches derrière les oreilles. Au niveau durabilité, une partie en métal s’est enlevée, mais c’est uniquement esthétique.

Lunette de soleil Orao Loreto Décathlon bleu catégorie 3
Mes lunettes de soleil – La cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle en reflet.

J’ai emporté un sac Zip acheté au supermarché pour mettre toutes mes petites affaires, la mauvaise affaire ! Il a terminé en lambeau, pas assez solide, la languette à craquer. J’ai trouvé une solution de remplacement à Saint-Jean-pied-de-port, un sac Ultra Light Mesh Stuff Sea To Summit Taille XS (4 litres), pour huit euros. Pesé 9 grammes, très joli (c’est une toile de nylon noir). Non étanche, ça laisse passer l’air et les miettes de pain. On peut voir ce qu’il y a dedans. J’en suis très satisfait, quoi qu’un poil fragile, quelques microtrous dans la toile. Pour moi, les sacs Zip pour transporter du matériel c’est finis ! Et pour la nourriture dans d’autres conditions, j’envisagerai des modèles sans Zip.

Cuisine

Pour ne pas porter de nourriture, j’achetais et mangeais sur place. C’est assez facile vu le nombre de cafés, de restaurants et d’épiceries (attention toutefois en France les épiceries ferment entre midi et deux/l’après-midi). Avoir une cuillère/fourchette titane m’a été très utile, agréable en bouche, solide. Pas de réchaud ou de popote nécessaire. Dans mon cas je ne bois ni café, ni thé, juste de l’eau. J’essayais d’acheter des fruits, des tranches de melons et de pastèques (attention un melon dans son sac, c’est pire qu’un boulet de canon). Les fruits c’est gorgé d’eau et ça pèse lourd, ça se mange sur place.

Compostelle est une belle expérience culinaire, j’ai goûté toutes les traditions locales ! Première question dans les offices de tourisme espagnol : Où se trouve la meilleure panadería (boulangerie). Une de mes folies d’un jour est d’avoir grimpé le redoutable Col de Roncevaux avec un gâteau basque ! J’avais rêvé d’en manger toute la nuit, efficace pour se motiver à monter !

À Saint Jean Pied de Port, avant de gravir le redouté Col de Roncevaux.
Saint Jean Pied de Port, avant de gravir le redouté Col de Roncevaux (mon gâteau basque dans le sac).

Trousse de toilette

Au départ je suis parti avec une petite fiole de shampoing liquide, je me suis vite aperçu que ce n’était pas une bonne idée. Le savon solide fonctionne mieux pour un ratio poids/encombrement/polyvalence bien meilleur. Finalement, je n’ai plus rien transporté puisqu’on trouve ici ou là dans les auberges du savon pour se laver et laver ses vêtements. À refaire, je prendrai un bout de savon d’Alep biologique 20 grammes dans un petit sachet plastique (pour éviter après la douche que ça colle partout). J’ai lu qu’on pouvait l’utiliser en dentifrice, mais je n’ai jamais essayé. Voilà une des leçons que j’ai apprise et que je vais appliquer dans mon quotidien, je n’ai pas forcément besoin d’un savon liquide pour me savonner sous la douche… Et si j’achète un gros blocs de savon d’Alep d’excellente qualité, il me servira autant chez moi que lorsque je vais marcher.

Ma serviette est un petit rectangle de microfibre, mesuré 36x31cm, découpé au ciseau sans trop réfléchir. Suffisant pour s’essuyer les cheveux, les épaules et les parties intimes. On remet son t-shirt et hop c’est bon ! Ça sèche en toute condition, en une nuit. Il faut éviter de se laver le matin, car mouillée elle pèse davantage. À refaire je trouve que ça manque de polyvalence. J’ai chez moi un bandana Buff synthétique pesé 35 grammes, mais je crains que la double épaisseur soit difficile à sécher. Pourquoi pas utiliser mon drap de soie comme serviette ? Mais je doute que cela retienne l’eau. La meilleure solution serait peut-être un plus long rectangle, dans une matière plus extensible que la microfibre, pour servir aussi comme tour de tête/bandana/garrot…

Pour les hommes qui veulent se raser, prendre seulement la tête d’un rasoir manuel fonctionne très bien (voir photo). Ça pèse 3 grammes et on pourrait même croire que c’est conçu pour ! Faire mousser le savon (le sac que j’ai acheté Ultra Light Mesh Stuff Sea To Summit pourrait servir à faire mousser…). C’était mon petit luxe. Normalement, je me passe de rasoir dans des voyages plus courts.

« J’aime l’idée d’avoir le moins d’objets possible, quitte à avoir des objets plus lourd et plus durable, plutôt qu’une ribambelle de petits objets légers. »

Ma trousse de toilette avec brosse à dent, serviette et rasoir
Ma trousse de toilette minimaliste (brosse à dents, serviette, tête de rasoir).

La brosse à dents, coupée en deux et taillée à l’Opinel… Utilisée sans dentifrice, ça donne la sensation d’avoir les dents propres, elles sont lisses en tout cas. C’est assez étrange en bouche, mais ça passe avec un peu d’eau. À refaire, pourquoi ne pas s’en passer simplement ? En adoptant du même coup une alimentation qui ne pose pas de problème dentaire. Pas sûr. Pour embrasser vaut mieux avoir la bouche propre. Je dois dire que j’ai apprécié retrouver en rentrant ma brosse à dents électrique (quel confort moderne !) et mon dentifrice à la menthe biologique sans fluor.

Les cinq pansements que j’avais pris m’ont été utiles en prévention des frottements, mais à refaire je n’en prendrai pas. Je pense désormais qu’il est bien meilleur d’utiliser une crème anti-frottement type Nok plutôt qu’un pansement pour prévenir et soulager un frottement. Concernant les blessures, sur Compostelle et compte tenu du niveau d’engagement relativement bas, ça ne me semble pas nécessaire. J’ai en tête que généralement dans chaque maison, dans chaque village, dans chaque auberge, il y a « tout » le nécessaire à pharmacie en cas de pépin inhabituel. J’utilise très rarement des médicaments (aspirine…) chez moi, pas ressenti le besoin d’en emporter.

Une seule paire de boules quies en cire naturelle, ça fait le boulot, mais ce n’est pas très propre à la longue ! J’ai acheté en rentrant une paire de boule quies réutilisable en silicone, à voir. En tout cas, ça m’a été indispensable pour dormir tranquillement dans les dortoirs. La loterie des lits m’a fait coucher à côté de sacrés phénomènes ! Des machines à vapeur, des aigus, des graves…

Pour les mouchoirs, pas la peine de se trimballer un rouleau de papier toilette. Une petite serviette récupérée de temps en temps dans les toilettes ou sur la table d’un restaurant suffit. Pour se moucher, il y a l’option de se boucher une narine et de souffler dans l’autre. Aussi, on trouve toujours quelques grosses feuilles sur le chemin ou de l’eau pour se laver les mains.

Enfin le Tea Tree, j’avais apporté un flacon (en verre !) au début. C’est une huile essentielle à tout faire, un basique, utile pour désinfecter, contre les mycoses, les piqûres… Seulement une fois vide, je m’en suis vite débarrassé sans jamais ressentir un manque par la suite. Je n’avais pas de désinfectant, je n’en ai pas eu besoin. Avec tous ces villages traversés, j’aurais très vite trouvé une solution en cas de problème.

Objets que j’ai rajoutés chemin faisant

  • Une coquille Saint-Jacques. Au départ, j’avais l’idée de récupérer cette coquille au bord de l’océan à Fisterra comme le veut la tradition, en effet au moyen âge, elle était ramenée en signe de pèlerinage accompli. Aujourd’hui, c’est devenu un symbole pour reconnaître le pèlerin. Avec mon petit chargement et pour me sentir bien identifié, j’ai accepté de la part d’une gentille dame à Saugues (Jeanine pour ceux qui la connaissent), une grosse coquille creuse que j’ai nouée à mon sac.
    Pesé 45 grammes en rentrant.
  • Un petit médaillon remis à la bénédiction des pèlerins dans la cathédrale du Puy-En-Velay et une flèche jaune faite à la main que j’ai épinglée sur la sangle de mon sac, 2/3 grammes.
  • Trois crèmes, pesées au total 131 grammes en arrivant. Une crème solaire achetée au début du voyage alors que ma peau était encore très blanche, j’aurais pu m’en passer à la fin. Une crème NOK achetée une semaine plus tard, lorsque je n’avais plus de pansements, elle m’a été extrêmement utile sur tout le voyage. Enfin, une crème Dr Scholl à la fin de mon voyage, avec un paquet d’Uvex à l’intérieur, contre l’assèchement des talons (problème que j’ai indiqué en parlant des sandales), j’ai hésité à acheter une pommade vaseline, ce que j’ai fait en rentrant et qui marche très bien pour assouplir le talon.

Ce que je n’ai pas pris (non exhaustif)

  • Bâton de randonnée : Dans d’autres conditions, en montagne, avec un très gros chargement, une tarp à monter… Peut-être. Mais, avec un petit sac, sur ce trajet, je pense que ça peut se justifier pour une chose : se protéger et se sentir plus à l’aise face aux gros chiens pas toujours sympathiques que l’on croise. Une solution contre les chiens consiste à ramasser une solide branche et un gros caillou dès qu’on se sent menacé. De mon expérience, j’essaye de ne pas provoquer le chien, je ne le regarde pas et passe le plus loin possible. S’il se fait trop violent, je prends une grosse voix en criant « couché !!! » et en essayant de dégager de la confiance. J’observe aussi — au cas où — si je peux grimper à un poteau électrique, un arbre…
  • Pinces à linge : Sur une corde, le linge tient tout seul ; en cas de vent violent, souvent dans les auberges dès qu’il y a une corde à linge il y a des pinces qui traînent.
  • Boussoles, Épingle à nourrice, fil et aiguille : je n’ai pas ressenti le besoin sur Compostelle.
  • Tire-tique : On croise sans arrêt des villages, des pharmacies, etc.
  • Sèche-cheveux électrique, multiprise, bûches (c’est le best of de ce que j’ai vu).

Conclusion

En améliorant, je pense que je pourrais m’alléger d’un bon kilo ! Comment ? Un sac à dos fait maison dans les 100 grammes, un matelas de sol en mousse, un sac de couchage adapté à la saison, une trousse de toilette réduite, un smartphone moins lourd, un câble USB 10cm ; des petites optimisations, comme ci comme ça, à droite à gauche.

Dans tous les cas, j’ai absolument adoré ces 1800 km avec mon sac actuel ! Il ne s’est pas fait sentir désagréable une seule seconde, je me suis senti beaucoup plus en confiance qu’avec un lourd chargement (il m’est arrivé d’échanger mon sac quelques kilomètres pour aider des pèlerins en souffrance, ce qui m’a permis de me rendre compte de ce que ça fait). Mes appuis dans les cailloux, ma stabilité, mon endurance, ma capacité à courir si nécessaire, tout cela a été renforcé grâce à un sac léger ! J’ai pu m’asseoir sur des bancs sans devoir l’enlever, rentrer dans des églises comme avec un sac à main, la caissière d’un supermarché (où les pèlerins étaient invités à déposer leur sac à l’entrée) n’a même pas pensé me le signifier. Sans arrêt, de petites choses. Et enfin, pour ne pas me surcharger au fur et à mesure, j’ai eu régulièrement des moments d’inventaire où tous les papiers, tickets, brochures, cartes de visite, babioles (que je n’avais pas réussi à refuser en amont) se retrouvaient photographiés, donnés ou recyclés.

« Ne surtout pas s’encombrer d’objets inutiles, garder la même aspiration tout au long du trajet et plus tard dans la vie. Rester léger. »

Dernière nuit sur le parvis de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, Santiago, Espagne
Ma dernière nuit seul à la belle étoile sur le parvis de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, Espagne.

Merci de votre lecture ! N’hésitez pas à partager mon récit à vos amis ou sur les réseaux sociaux (pour leur donner envie de pèleriner, sur les chemins de Compostelle ou ailleurs !).

Pour réagir ou me contacter, c’est facile : par Facebook ou mail. Merci encore pour votre lecture. Vous pouvez me suivre sur Facebook, Linkedin ou par RSS, afin de rester informé de mes prochaines marches (la suite de ce chemin en quelque sorte), cette année 2017.

Dans la même collection